En préparant ce sujet et en en discutant autour de nous, on a été étonné·e·s par le nombre d’adultes possédant encore un doudou. Ainsi, à l’image de l’actrice Margot Robbie qui a récemment affirmé dormir encore avec le sien, Marine, la trentaine passée, possède Gaspard, un petit lapin, depuis sa naissance. Elle l’emmène en vacances et interdit à son fils de jouer avec. “Mais son doudou et le mien sont potes”, nous confie-t-elle. Il y a aussi Margaux qui, depuis 39 ans, dort la nuit avec Copine : “C’était une oie, mais maintenant c’est plus la version volaille en peluche de ‘Nick quasi sans tête’ (en référence à un personnage d’Harry Potter, ndlr).” Julia, de son côté, ne passe pas une journée sans Léonard, un petit chien en peluche qui l’a suivie jusqu’en Nouvelle-Zélande. Alors, peut-on parler d’une “génération doudou” qui se vautre dans la mignonnerie, en guise de distraction du monde réel et pour atténuer ses angoisses ? “C’est un phénomène trop récent pour qu’on puisse l’analyser, mais il y a des pistes de réflexion, projette Anne Monier Vanryb. Les étapes d’accession au stade adulte sont difficiles (emploi, logement, parentalité, etc., ndlr) et retardent l’entrée dans l’âge adulte, tel que défini depuis le XXe siècle.” Admettons-le : nous n’avons définitivement pas perdu notre âme d’enfant.
Cet article est originellement paru dans notre notre numéro spring-summer 2025 WE WILL ALWAYS BE THOSE KDS (sorti le 25 février 2025).