Un accès au bien-être
Athina et Costanza ont choisi le podcast pour, littéralement, donner la parole aux gens, mais aussi car il s’agit selon elles du format le plus accessible. “Écouter des histoires, c’est aussi très symbolique, précise Costanza. Il y a vraiment cette idée de s’asseoir au coin du feu et de pouvoir écouter, raconter et transmettre”. Avec ces récits, les deux journalistes proposent de nouvelles représentations aux jeunes pour qu’il·elle·s puissent se projeter dans un futur heureux. “Ces témoignages peuvent être un refuge et une façon de leur dire que leur vie ne va pas être aussi dure que ce qu’on a pu leur faire croire”, explique Athina. Mais c’est aussi une forme de pansement pour les plus âgés : “Les personnes les plus émues par les témoignages sont celles, qui comme moi, n’ont pas eu ces représentations-là ados et qui se disent que leurs vies auraient peut-être été plus douces à si elles avaient pu y avoir accès”, note-t-elle.
Au-delà de donner du bien-être aux auditrices, les deux journalistes veulent également, avec ce podcast, créer des archives sonores. Pour faire vivre les amours oubliées et non répertoriées, et prouver par-dessus tout qu’elles sont possibles. Enfin c’est une manière de faire bouger les lignes. “Chez les jeunes générations, il y a cette envie d’en finir avec la famille patriarcale, d’en finir avec ce modèle qu’on nous propose, explique Costanza. Et souvent, on a tendance à penser que ces nouvelles générations sont nées comme ça, mais ce n’est pas vrai. C’est grâce à #MeToo, au travail culturel de fond que l’on mène et à la résurgence d’une pensée queer ses 10 dernières années dont ces générations-là bénéficient en premier lieu. C’est là que notre travail porte ces fruits”. Longue vie aux amours lesbiennes.